Türkiye Cumhuriyeti

Lyon Başkonsolosluğu

Konuşma Metinleri

Développement et ouverture à l’international des PME/PMI de Rhône-Alpes et la Turquie, 10.05.2012

M. Jean Louis Gagnaire, Députe de la Loire, Vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes,

M. Muhammet Dursun, directeur d’Emir Tur,

Mesdames et messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi de prendre aujourd’hui la parole devant un auditoire intéressé d’hommes d’affaires

Tout d’abord, je tiens à féliciter M. Muhammet Dursun, directeur d’Emir Tour, ainsi que ses proches collaborateurs pour les efforts qu’ils ont déployés afin d’organiser cette réunion.

Avant de vous apporter quelques données géographiques et notions économiques sur la Turquie, je souhaiterais présenter un bref historique du rôle et de la mission d’un Consul et en particulier du Consulat Général de Turquie à Lyon.

Le consul est un agent officiel nommé et envoyé par un Etat sur un territoire étranger déterminé pour y défendre les intérêts de cet Etat et y exercer l’autorité que celui-ci conserve sur ses nationaux établis hors de ses frontières.

Il est notamment chargé de les assister, d’assurer leur protection générale, et de veiller au respect des traités d’établissement, de navigation, de commerce, ainsi qu’au respect des conventions passées entre l’Etat qu’il représente et le pays d’accueil.

Traditionnellement, et parfois depuis plusieurs siècles, les Consuls ont été établis dans les principaux ports maritimes et les grandes places de négoce, mais en raison de la multiplicité des taches dont les Consuls ont été chargés, l’importance de leur rôle s’est considérablement accrue tout au long des années.

Si le cadre général d’intervention est le même pour tous les Consuls, il faut cependant noter que le territoire de compétence et l’étendue des responsabilités du titulaire sont à la libre appréciation de l’Etat d’origine et que ceux-ci peuvent être très variables.

Les principaux domaines de compétence recouvrent toujours l’assistance aux ressortissants établis dans le pays d’accueil, ainsi qu’aux ressortissants de passage (rapatriement en cas d’accident ou de décès, coordination avec les services d’urgence, de police ou judiciaires, etc.) ; le suivi de l’état-civil des ressortissants et suivant les cas, l’instruction et la délivrance des passeports et des visas.


Au-delà de ces missions traditionnelles ; les Consulats peuvent se voir confier des responsabilités commerciales et culturelles, ainsi que de favoriser les relations entre les autorités locales et régionales en vue d’aider à la promotion des intérêts de l’Etat qu’ils représentent dans la zone où ils sont compétents.

En fonction de l’étendue et la diversité de ces missions, mais surtout de l’importance numérique de la communauté présente, les Etats ont des Consulats qui sont dirigés par des Chefs de poste qui peuvent être soit des Attachés, soit des Vice-consuls, soit des Consuls, soit des Consuls Généraux, et qui sont Diplomates de carrière ou Diplomates honoraires selon qu’ils sont fonctionnaires du Pays d’envoi ou non.

Comme je vous l’ai annoncé au début, je poursuivrai mon discours en vous parlant des relations entre la Turquie et la France en général, et du Consulat Général de Turquie à Lyon en particulier.

Les relations franco-turques possèdent une histoire qui date depuis environ 500 ans. La communauté turque, forte de 550,000 personnes, présentes en France représentent un lien fort entre nos pays.

En tant que pays alliés ayant les mêmes visions des choses, nous avons depuis des décennies coopéré à de nombreux changements et défis en Europe et dans le monde entier. Nos liens, en particulier dans les domaines de l’économie et de la culture, ont été portés à un niveau remarquable pour atteindre celui où ils se trouvent actuellement.

Les relations consulaires bilatérales remontent à l’avènement de Soliman le Magnifique et François 1er. L’accord commercial turco-français de 1536 octroyait pour la première fois à un état européen, entre autres, le droit d’ouvrir une ambassade et des consulats dans l’Empire ottoman.

Depuis cet accord essentiellement consulaire, dont la portée politique a dû faire beaucoup d’échos à l’époque, les relations turco-françaises n’ont cessé si heureusement de se développer à tous les niveaux.

Quant au Consulat Général de Turquie à Lyon, il est opérationnel depuis les années 80. C’est la dernière née de nos missions consulaires en France, après celle de Paris, Marseille et Strasbourg. Ce retard est d’autant plus regrettable que Lyon a toujours occupé une place prédominante dans nos relations bilatérales, et ce, depuis 1721.

Aujourd’hui, le Consulat Général de Turquie à Lyon couvre seize (16) départements : les 8 départements de Rhône-Alpes, 4 départements d’Auvergne (Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Loire et Cantal), 2 départements de Bourgogne (Saône-et-Loire et Côte d’Or), le Jura en Franche-Comté et la Creuse dans le Limousin.

Pour ma part, j’occupe le poste de Consul Général de Turquie à Lyon depuis le 1er octobre dernier.

La circonscription consulaire compte environ 140 000 ressortissants turcs sans compter les binationaux. La plupart de nos ressortissants (environ 51 600) se trouve dans la région Rhône-Alpes.

Cette communauté est encadrée de plus d’une vingtaine de personnes travaillant au Consulat, assistée d’une cinquantaine d’enseignants de langue et culture d’origine turque et d’une quarantaine d’assistants sociaux et religieux, tous nommés par le gouvernement de Turquie.

Notre objectif est d’aller au-delà de l’accomplissement des taches consulaires proprement dites, comme l’établissement de passeports, de cartes nationales d’identité, d’actes notariaux, etc., c’est-à-dire d’inclure, parmi les préoccupations de la mission, une dimension « promotion du pays » en matière culturelle, mais aussi économique.

Parlons un peu de la Turquie :

La République turque d’aujourd’hui est le 17ème Etat indépendant turc fondé par les Turcs depuis le IIIe siècle avant J.-C.

Le territoire turc s’étend entre l’Europe et l’Asie. En effet, il constitue un pont entres ces deux continents. C’est pourquoi il est possible de trouver un peu partout dans ce pays les vestiges de peuples et de civilisations très divers.

Avec une superficie de 780.580 kilomètres carrés, elle occupe le premier rang parmi les pays européens et le deuxième parmi ses voisins après l’Iran, du point de vue de l’étendue du territoire.

Ainsi, avec ses 74 millions d’habitants elle tient le deuxième rang en Europe et le premier rang parmi ses voisins, du point de vue de la population.

Avec une économie dynamique, des marchés ouverts, une industrie compétitive et une union douanière avec l’UE depuis plus de 15 années, la Turquie est un pays avec un marché immense et grandissant.

Sa population est jeune, dynamique et bien formée.

61% de la population est âgée de moins de 34 ans (approximativement 45 millions de personnes). L’âge moyen est de 29 ans.

Il y a 500 000 étudiants diplômés chaque année. Si on la classait parmi les pays de l’UE, la Turquie constituerait le 5ème pays en termes de force de travail. La Turquie est devenue la 16ème économie au monde et la 6ème en Europe.

Le volume du commerce annuel de la Turquie est d’environ 350 milliards de dollars et il est en progression. Ses exportations ont été multipliées par 9 dans les 20 dernières années pour atteindre 114 milliards de dollars en 2010. Parmi les 5 pays qui représentent les plus gros marchés d’exportation pour la Turquie, 4 sont membres de l’UE.
Conformément aux prévisions de l’OCDE, la Turquie s’attend à représenter la plus forte croissance parmi les pays membres de l’OCDE pour la période 2010-2017, avec un taux annuel moyen de 6,7%.

Nous sommes sortis de la crise économique globale de 2008 et 2009, plus rapidement que de nombreux pays. Et en 2011, la Turquie a représenté la troisième croissance économique au monde avec un taux de 8,8%.

Les relations économiques et commerciales entre la Turquie et la France ont considérablement augmenté ces dernières années. Le volume commercial bilatéral a dépassé les 10,6 milliards d’euros en 2010. Au mois d’octobre 2011, il avait déjà dépassé les 10,6 milliards d’euros.

Les échanges commerciaux entre la Turquie et la région Rhône-Alpes sont tout aussi importants : la Turquie était le 10ème pays client de Rhône-Alpes en 2009, 2010 et 2011, et le 19ème pays fournisseur en 2011.

L’accroissement des relations économiques entre la Turquie et la région Rhône-Alpes a conduit à demande de création d’un Bureau d’Attaché Commercial auprès du Consulat Général de Turquie à Lyon afin de répondre aux demandes sans cesse grandissantes des hommes d’affaires de la région.

Ainsi, à la mi-avril dernier, M. Kamil Urcu a pris ses fonctions en qualité d’Attaché Commercial et s’active à l’installation de son bureau qui devrait être opérationnel d’ici l’été.

Environ 1 000 entreprises françaises (Renault, Rimagaz, Valeo, Alcatel, Lafarge, Carrefour, AXA, Danone, Groupama, BNP Paribas) sont actives en Turquie dans des domaines couvrant un large spectre.

Le montant total de l’investissement français en Turquie a atteint à ce jour environ 6 milliards de dollars. Dernièrement Aéroports de Paris Management, filiale à 100% d’Aéroports de Paris a signé le 11 mars 2012 un contrat en vue de l’acquisition de 38% des titres de TAV Yatırım Holding, propriétaire de l’Aéroport d’Istanbul, pour un montant de 874 millions de dollars.

En contre partie, environ 350 entreprises turques sont actives en France (Türk Telekom, Toprak Holding, Temsa, Beko, İş Bankası, Vestel).

Les investissements directs de la Turquie vers la France ont dépassé les 500 millions de dollars au mois d’août 2011.

Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent l'épine dorsale de l'économie turque. Dans ce contexte, les PME en Turquie représentent 99 % des entreprises et 80 % des emplois, et assurent d'après les estimations jusqu'à 57 % de la valeur ajoutée totale dans l'économie turque.

C’est pourquoi la promotion de leur développement est un facteur indispensable en vue de favoriser l'entrepreneuriat, la concurrence, l'innovation et la croissance dans le pays.

Par ailleurs, grâce à sa proximité géographique, la Turquie est un fournisseur ou client à l’accès facile. En effet, il existe chaque jour de la semaine au moins un vol direct reliant deux localités de la région (aéroports de Lyon Saint-Exupéry et de Saint-Etienne – Andrézieux Bouthéon) à Istanbul.

A cet effet, est-il besoin de citer l’agence de voyage Emir Tour qui délivre depuis bientôt deux ans les billets de la Compagnie turque low cost Pegasus pour des séjours touristiques ou d’affaires sur la Turquie, en partance de l’aéroport de Saint-Etienne- Andrézieux-Bouthéon.

Quelques mots sur le processus européen d’intégration de la Turquie.

La Turquie fait partie de l’Histoire européenne depuis des siècles. Elle est membre de la plupart des organisations européennes, y compris le Conseil de l’Europe, l’OTAN, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

En 1963, la Turquie a signé un accord d’association avec la Communauté Economique Européenne, accord dont l’objectif final était d’en devenir un membre de plein droit.

Aujourd’hui la Turquie est pleinement engagée dans le processus d’accession à l’UE. L’adhésion à l’UE reste l’objectif stratégique de la Turquie. Nous allons continuer quoiqu’il en soit à faire le nécessaire en vue de l’adhésion.

En bref et en conclusion, avec son économie dynamique, son vaste marché, sa position stratégique, son industrie compétitive, sa main d’œuvre qualifiée, la Turquie offre de nombreuses opportunités aux hommes d’affaires de la région. D’ailleurs, une vingtaine d’entreprises de Rhône-Alpes a bien compris l’intérêt de développement son commerce à l’international, et en l’occurrence avec la Turquie.

Sur ce, il est temps que je laisse la parole aux autres intervenants.

Je vous remercie de votre attention.